Les noyautes molles

La vie de cinq mollassonnes fières de l'être

27 novembre 2007

COMMENT ROMPRE QUAND ON EST UN NOYAU MOU?

Préambule:
Les autres noyautes, vous êtes des grosses nullasses!
Y'a que moi qui écris, du coup j'ai l'impression d'être nombriliste et de raconter des choses de plus en plus ras-des-pâquerettes, la prochaine fois je vous raconterai comment j'ai oublié mardi ma carte Champion à la caisse, et la fabuleuse histoire de ma dernière lessive. Ce sera de votre faute, voilà.

Bon je reprends: comment donc rompre lorsque l'on est molle du noyau?
Alors là je vous arrête tout de suite, ne criez pas, il n'est pas question ce soir de rompre avec Poulet.
Poulet, c'est un peu comme les dosettes Nespresso de Georges Clooney: "What else?" C'est une évidence!

Non, aujourd'hui c'est plutôt: comment rompre avec une connaissance? Ahaha, nettement plus délicat!

Mais, qu'est-ce qu'une "connaissance"?
La connaissance, c'est cette personne avec qui vous avez un mini-truc en commun, qui vous permet de parler 5 minutes dans la rue mais pas tellement plus, sinon ce sera la pluie et le beau temps.
Exemples types de connaissances: un voisin, une rencontre de vacances, un copain de copain de copain, un ancien camarade de classe ou un collègue de bureau.

Il se trouve que dans mon cas, je suis harcelée par une connaissance, et que je veux rompre. Mais je n'y arrive pas. A cause de mon noyau.

Pour vous raconter cette histoire, il va falloir nommer cette personne: disons qu'elle s'appelle Iceberg (pour la partie visible et la partie cachée).
Et que celles et ceux qui la reconnaîtront ne donnent jamais le lien de ce blog, c'est un ordre!!

(Et il faut aussi pour comprendre cette histoire, savoir que je pars du principe dans la vie que tout le monde est sympa, jusqu'à preuve du contraire. En gros, j'aime tout le monde jusqu'à ce que je les deteste. Variation sur ce thème-Bisounours: "Toute fille a son charme" ou "c'est rare qu'un mec soit vraiment moche".)

DONC:
Il ya un an, Iceberg est entrée dans ma vie. Iceberg, c'est une ex-collègue de mon ex-job.
Comme on avait le même âge on a sympathisé. Comme expliqué ci-dessus, je l'aimais bien vu qu'elle ne m'avait rien fait. Et du coup, hop, déjs par-ci, cafés (dans les locaux) par-là.
Bref, une CONNAISSANCE était née.
En plus notre haine à l'égard de ces connards de patrons exploiteurs de petites mains sous-payées bien que Bac +5 nous avait vite liées.

Pourtant, j'ai vite vu qu'elle avait un petit grain. Mais bon... (cf. théorie du dessus)

Et puis un jour, son contrat est arrivé à échéance, comme on dit, et elle a quitté la boîte.
Qu'allait-il devenir de notre relation?
Nous verrions-nous en dehors des heures de bureau?
La connaissance allait-elle se transformer en amitié?

Iceberg étant au chômage, c'était la moindre des choses de continuer à se donner quelques nouvelles. Et puis un jour, il y eut la première invitation chez Iceberg.

J'ai accepté, en me disant, ma brave Poulette, tu peux bien faire ça, tu n'es pas un monstre quand même, pense à cette pauvre Iceberg seule chez elle.
Et me voilà partie rive gauche (la province pour moi) dans la nuit.

En acceptant cette invitation, je scellais en réalité mon arrêt de mort, le début du harcellement qui perdure encore aujourd'hui.
Là où le bât blesse, c'est qu'une fois de plus, je n'ai pas su dire NON.
Et que j'ai eu droit à une bonne démonstration de sa partie cachée de timbrée psychotique.

Pendant les quelques heures de cette soirée, j'ai du ouvrir la bouche en tout 10 fois, pour ne dire que des trucs du genre:
"T'en es où?"
"Non?"
"Ah?"
"Comment ça?"
"Et ensuite?"

Vous voyez un peu? J'ai fait tapisserie pendant qu'Iceberg m'étalait sa vie de névrosée en pleine figure.
Ca lui a vachement plu! Elle était ravie de sa soirée, voulait absoluement qu'on se revoie. Tu m'étonnes!

Bon, je résume finalement, car je me rends compte qu'à ce rythme on en a pour des heures:

- Appels répétés, toutes les semaines
- Textos innombrables
- Invitations à la pelle, mais QUE chez elle (chez moi? "Oh bah, tu sais euh... on se rappelle?" OU "Je me suis cassé les 2 jambes, c'est mieux que tu viennes toi...")
Bref, je devais REMPLIR SON VIDE ET L'ECOUTER PARLER D'ELLE.

La plaie....

D'où la necessité de rompre vous en conviendrez.
Mais quand on est molle du noyau, et bien au lieu de dire "Tu m'énerves" ou "Mais bien sûr chère amie" (si l'on opte pour le mensonge éhonté histoire de faire dans le social, 1 B.A. par semaine) on fait quoi?

ON REGARDE SON TELEPHONE SONNER SANS REPONDRE en se torturant la conscience.
On espère qu'Iceberg va comprendre qu'après 2 appels sans réponse, c'est pas la peine d'insister.

Bon, et on fait quoi quand Iceberg au bout de 5 mois et 12 appels n'a toujours pas compris?
On décroche!!!
Et nous revoilà parti pour un tour!

En même temps on n'en peut plus, mais lorsqu'on écoute le message laissé sur son répondeur, on est désarmée par le ton enjoué de standardiste d'Iceberg, toujours à bloc au bout du 120eme appel sans réponse.

Que faire? Comment être ferme sans mentir? Peut-on vraiment dire la vérité ("je t'aime pas, je ne suis pas ton amie, tu le sais?") C'est horrible non?

Je ne sais toujours pas quoi faire, mais si j'ai compris une chose, c'est bien que tout ça c'est de ma faute: à faire la sympa et laisser croire des trucs aux gens, et bien voilà, on est pieds et poings liés.

POULETTE

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22 novembre 2007

LES MOUCHES NE SE CACHENT PAS DU TOUT POUR MOURIR...

Une petite note rapide, et qui n'a rien à voir avec ma mollitude du noyau mais qui m'occupe bien l'esprit en ce moment, et une bonne partie de mes soirées:

Depuis que Poulet est parti pour 1 mois, il se passe de drôles de choses chez moi, qui m'angoissent un peu mais qui sont quand même trop marrantes.

1) Premier élément, de taille: mon appartement s'est transformé en nécropole à mouches. Oui vous avez bien lu: des dizaines de mouches, chaque jour, viennent mourir dans mon bac à douche.

Mais qui sont-elles?
D'où viennent-elles?
Pourquoi meurent-elles?
Et pourquoi là SPECIFIQUEMENT, le bac à douche (et pas ailleurs)??
Pas pour la rime, c'est sûr.

Ce qui est encore plus troublant, c'est qu'elles meurent entre midi et 19h. Mon bac est propre tous les matins quand je pars. Le soir en rentrant, les mouches sont là, gisantes, inanimées. Certaines se débatent encore un peu, mais finissent par rendre leur dernier soupir. D'autant que je ne leur laisse pas le choix: le robinet ouvert au maximum, je les karchérise jusqu'à la dernière (et elles s'accrochent croyez-moi!!)

J'ai tout essayé: fenêtre ouverte, fermée, porte ouverte fermée, rien n'y fait elles sont toujours là le soir à me narger. Elles ne peuvent donc venir QUE du bac lui même.
Du coup, hop, de bonnes rasades de Destop dans le trou.
Rien à faire, elles sont toujours là.

J'ai découvert une race mutante de mouches qui s'auto-génèrent et se suicident collectivement.

A l'heure où j'écris, une de ces sales bêtes tourne autour de mon ordi.
Je me répugne à l'écrabouiller entre mes mains.

2)Autre bizarrerie: après plus de 2 ans passés dans cet appartement, j'ai pour la première fois ces derniers jours entendu mon voisin du dessus. De manière TRES bruyante.

Ca a commencé au moment des grèves.

Tous les soirs de 19h à 1heure (notez qu'il prend le relai des mouches pour me pourir la vie!!) il se met à marcher, marcher, marcher.Qui marcherait des heures dans 35 m²?

Puis il se met à déplacer des meubles, encore et encore (Aurait-il 15 clic-clacs à ouvrir? Sans doute, car hier soir, c'était la grosse fiesta, des rires et des chants, ils devaient bien être 15 au dessus de ma tête)

Mais là où j'ai eu vraiment peur, c'est quand je me suis mise à entendre toute sa vie intime:

"marche...marche...
Silence
Glou glou glou glou glou...
Silence
Pchhhhhhhhhht
"

Et oui mes amis, je l'ai entendu URINER de manière très distincte!

J'en ai donc déduit qu'on devait m'entendre, nous entendre Poulet et moi, tout pareil, chez les voisins du dessous.
Forcément tout à coup, on relativise.

Le pompon étant quand même quand au milieu de la nuit, je me réveille. Mais que s'était-il passé pour que j'interrompe ma nuit dès 3 heures?
Un bruit, venant du dessus, à nouveau TREEEES clair, reconnaissable entre mille:
LE RONFLEMENT VIBRATOIRE (pas la respiration forte, acceptable à la rigueur, non, le bon raclement de gorge qui rebondi entre les narines et fait trembler toute la baraque).
Voilà, je venais d'être réveillée par le ronflement du mec du dessus.
INCROYABLE...

3) Enfin, les objets de cette maison semblent depuis quelques temps comme possédés: ils se déplacent tous seuls. Par exemple, pendant que j'écrivais le début de ce post, un objet posé dans le salon depuis, piou! au moins 3 semaines, est tombé TOUT SEUL!!

Quand votre Poulet n'est pas là, qu'il fait nuit dehors, et bien vous n'en menez pas large. Vous êtes même terrifiée.

Donc, notez:
-l'apparition brusque, soudaine de ces phénomènes
-la non-logique totale de ces mêmes phénomènes
-le pouvoir interrogatif de ces phénomènes (cf.le nombre de point d'interrogation de ce post)

J'ai décrété qu'au retour de Poulet, la vie reprendrait sa tranquilité habituelle.
Je le sens.

POULETTE

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15 novembre 2007

Inspecteur gadget

inspecteur_gadget

Moi j’ai une question: mais comment j’arrive toujours à me fourrer dans des situations de loose pareilles??

Et là vous me répondez tous en cœur: “parce que tu es une molle du noyau!

Recontextualisons: un argentin plutôt pas mal mais aux ronflements intempestifs. Des appels tous les jours, mais pas de passage à l’action. Et surtout, l’élément manquant à l’équation: une suédoise grande et blonde dont on entend parler tout le temps.

Conclusion: ça sent le roussi.

Malgré ça, aucune preuve, et puis surtout une solide devanture pour notre cher argentin: la suédoise et lui, ils prennent des cours ensemble pour devenir profs d’espagnol, du coup, c’est bien normal qu’ils s’appellent tous les quatre matins pour causer linguistique (souvent sous mon nez d'ailleurs).

Mais bon, après un baiser langoureux de Fernand, il fallait que je me vire cette épine du pied. Oui parce que, ce serait quand-même le comble de se faire arnaquer par le gars du moving du coin, vous en conviendrez.

Me voilà donc convertie en espionne russe pour un soir. L’idée: se planquer à la sortie de son école pour le choper en flagrant délit. Plantage de décor: le cours termine à 21:30, et l’école se trouve juste en face d’une des plus grandes avenues de Madrid, avec 3 bouches de métro autour.

Comme toute espionne qui se respecte, j’ai biensûr mon alliée: j’attend ma copine Cé de pied ferme à 21:00, pour un premier repérage de terrain.

Ça commençait bien: Cé se pointe à 21:20, donc c’était foutu pour un repérage en bonne et due forme si on voulait pas se retrouver nez à nez avec notre objectif devant la porte de l’école. En plus, pour pas qu’il la reconnaisse, elle avait pris ses lunettes de vue, mais j’avais oublié de lui ramener un bonnet noir, donc on voyait que sa tignasse blonde dans la nuit.

On se retrouve donc toutes les deux excitées comme des puces, à tournoyer pour trouver un bon poste d’observation, à pas savoir d’où ils allaient sortir, et à faire que dire “attends, attends, attends !”.

On finit quand-même par se distribuer dans l’espace: Cé au plus proche du centre névralgique de l’action, juste à côté de l’école, dans la même rue, sous un porche, et donc sans aucune vision (à moins de laisser dépasser sa tête du porche).

Moi en face de l’école, mais de l’autre côté de la route. Moi je n’ai donc pas la proximité, mais la vision. Enfin si j’étais pas complètement bigleuse, parce qu’en fait je voyais pas du tout la tronche des gens à cette distance.

Le plan : dès que je les vois sortir, j’appelle Cé qui, une fois les avoir vus passer à son tour, s’engouffre dans le métro derrière eux. Notez donc le rôle essentiel du talkie-walkie, comme dans les vraies filatures.

Les 10 premières minutes, j’avais le téléphone collé contre l’oreille sans personne au bout du fil, au cas où je serais grillée plantée comme un piquet sous le réverbère à fixer la porte de l’école. Mais bon au bout d’un moment j’avais la main congelée alors j’ai arrêté le subterfuge.

De loin je voyais une silhouette sous le porche, Cé. Je l’appelle pour lui demander si elle me voit, et si on peut me reconnaître de là. Réponse négative, apparemment on peut à peine distinguer si je suis une fille ou un mec. Parfait.

Comme je vois rien, dès que j’aperçois des gens sortir, je l’appelle en stress pour qu’elle me dise si c’est eux. Mais non c’est un papy ! Mais non c’est un barbu ! T’es aveugle ou quoi ! Je vais peut-être aller faire régler mes lunettes moi du coup.

Bref, au bout d’une demi-heure à se cailler les miches, je m’aperçois que la lumière de l’école s’éteint doucement. Et qu’il est bientôt 22h. Merde.

Cé, qui sent plus le bout de son nez et qui en a sa claque, me dit que tant pis, elle va passer devant la porte pour voir. J’attend, le talkie-walkie tremblant entre mes mains.

Et là dernier appel de ma complice, accablant : la porte que je fixe depuis une heure en louchant tellement je dois plisser les yeux pour distinguer les gens qui en sorte, c’est la porte…d’un cabinet dentaire. Vital dent pour être précise.

Là je crois que j’ai explosé le taux de loose en une heure de temps, ta soirée kiné Poulette c’est rien à côté, je t’ai marrave !!!

Chatounette

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12 novembre 2007

Il y a des jours comme ça...

Juste un petit mot pour vous dire qu'il y a des jours où l'on se sent pousser des ailes et quelque chose en nous dit "NON". Et puis on le dit aussi.

Vendredi dernier était un de ceux-là. Bizarrement, j'en ai eu marre d'être la gentille poire "trop bonne trop conne" et je n'ai eu pas moins de 3 occasions dans la même journée pour affirmer ma personnalité, et montrer que moi aussi je pouvais dire non.

Quand même trois fois en 24 heures, cela méritait d'être noté:

1) Il était 9h du matin. J'étais dans le bus, avec ma plus grosse valise, et remplie comme il se doit. Bref, elle pesait bien 15 kilos.
Pour être gentille, en prévision de tous les petits vieux qui allaient bientôt monter dans ce bus quasi vide, je me déplace pour ne pas m'asseoir sur les places résérvées aux petits vieux. Ca m'évitera d'avoir à le faire plus tard.
Donc je m'installe avec ma grosse valise dans le fond du bus. Et je m'accroche des 2 mains à ma valise pour l'empêcher de glisser à chaque coup de frein. Difficile et crevant. Tout ça pour les petits vieux, notez.

Et là, une PETITE VIEILLE commence à m'engueuler comme quoi je suis dans le passage etc.

Qu'auriez-vous fait?
Moi poliement, je lui dis pardon et que quand même y'a pas de quoi en faire un drame puisqu'elle a quand même réussi à passer.

Mais voilà qu'elle s'asseoit juste derrère moi et qu'elle continue à maugréer, râler et dire que vraiment je suis d'une honteuse impolitesse et que de toute façon les jeunes etc. etc. DANS MON DOS!

Et bien là, je me suis retournée d'un coup, et je lui ai mis une bonne raclée verbale, que même tout le bus en a profité. Avec mes arguments massues je lui ai littéralement rabatu le caquet.

Mais elle s'accrochait la mamie!! Et voilà qu'elle me répond à son tour, en haussant la voix!

Qu'auriez vous fait?
Moi en temps normal j'aurais laissé tomber et me serais consolée avec un "elle est trop conne pour que je perde mon temps à argumenter".
Et bien là, pas du tout.

J'ai découvert que c'est celui qui gueule le plus fort qui gagne.
Et donc j'ai braillé dans tout le bus, comme quoi on n'avait pas idée de s'énerver à ce point à 9h du matin (ahah trop rigolo vu que c'est moi qui hurlait), que je faisait mon maximum pour les petits vieux, que si elle ne savait pas lire, c'était pas mon problème et que si elle avait un truc à me dire, elle me le disait en face etc.

Une bonne engueulade de ménagères dans le bus, alors que j'avais juré que l'on ne m'y prendrait jamais et que jamais je ne m'afficherais ainsi dans un lieu public pour des clopinettes.

Au final, j'ai eu le dernier mot et elle s'est même excusée avec un "pardon, je comprends, vous savez moi aussi des fois j'ai une valise, je sais ce que c'est, elles sont si lourdes!"

Et tout ça parce que je ne me suis pas laissée insulter sans réagir et que je lui ai montré que fallait pas trop me chercher sinon je lui foutais ma valise sur les pieds.

VICTOIRE!!

Continuons:

2) Plus tard dans le train. A peine installée à ma super place choisie sur internet (fenêtre, sens de la marche, compartiment du bas) (attendez, tant qu'à pouvoir choisir, pour 79 € le billet, je me prends une super place) voilà-t-y pas qu'une nana vient me demander d'échanger pour être à côté de sa copine.

Alors ça c'est vraiment le truc qui m'énèrve. Pas par principe, au contraire, ça me fait plaisir de faire plaisir, mais parce que j'ai bien remarqué que cela tombait toujours sur moi. Je dois avoir écrit sur le front "Brave fille sympatoche qui va me laisser sa place". Et en effet, je laisse toujours ma place pour que 2 personnes soient réunies.

Mais là, je sais pas pourquoi, ça me saoulait. J'avais tellement choisi la place parfaite pour 3h de trajet quand même, que j'avais pas vraiment envie d'être sympatoche.

Comme je suis une molle du noyau, au lieu de lui dire NON, je lui dis "ah, oui bon euh..." et puis: "c'est ennuyeux..." et puis je finis par inventer un truc débile "écoutez je suis profondément désolée mais je veux bien changer uniquement si je reste près de la fenêtre. Je ne peux pas faire autrement, ce serait trop long à vous expliquer"
Bref du n'importe quoi. Un truc de molle qui n'ose pas.

Mais convaincue que j'ai une grave maladie qui fait que je ne peux être QUE près de la fenêtre, elle pars en disant, ok je vais voir ce que je peux faire.

Puis je me dis, "mais merde Poulette, si t'as pas envie, t'as pas envie" ALLEZ COURAGE EXPRIME-TOI!

Quand elle revient, toute contente parce qu'elle m'a dégoté une place fenêtre je lui dis:

"Ecoutez, j'ai bien réfléchi, c'est non, demandez à quelqu'un d'autre"

AHAHA, les yeux qu'elle a fait!! Elle en revenait pas. Elle avait flairé la noyaute, et se retrouve face à une déterminée.

Finalement, devant son air désolé, j'ai fini par céder, mais UNIQUEMENT parce qu'elle a dit "en plus je suis super embêtée, j'ai mon chien avec moi"
ALORS LA NON!! Je veux bien m'affirmer mais pas passer 3h à côté d'un clébard qui pue.

3) Toujours dans ce même train mais 3heures après.
Ma nouvelle place n'est pas mal, mais je me les gêle près de la clim', et ça sent la vieille transpi. En plus il y a un chien à cet étage aussi (mais c'est dingue ça! Qu'est-ce qu'ils ont tous avec leurs bestioles??)

Bon.

Y'a l'inévitable mec qui sort son sandwich au pâté à 17h, le bébé qui braille pour X raisons mais de façon cyclique, un cri strident pile dans les rares moments de silence, pas moyen de lire ou dormir. Y'a bien sûr les accros du portables qui parlent super fort et qui bizarrement non que des conneries à raconter.

Tout ça pour dire que ce n'était pas de tout repos, et que j'en avais un peu ma claque de la colonie ambulante.

Après Valence, la place à côté de moi s'est libérée.

A un moment, y'a un Jean-Paul qui s'asseoit à côté de moi sur la place vide, visiblement pour téléphoner.
Visiblement pour se mettre à l'écart et parler plus librement. Visiblement pour pas gêner ses voisins.

Etais-je invisible ou quoi?

Je me suis dit, non impossible il n'osera pas se mettre à parler à côté de moi.

Et bien si! Jean-Paul se met à hurler (alors que j'avais un livre à la main, donc on pouvait pas se tromper sur mon activité du moment).

Et bien les amis, je me suis penchée face à lui (vous voyez le mouvement? Tout à coup il s'est trouvé avec une tête devant lui un peu en dessous) et je lui ai dit:

"Vous me gênez"
Comme ça.
Ca a l'air de rien, mais c'est pas évident. En général on s'excuse, on se confond, on est limite en train de reconnaître que l'emmerdeuse c'est nous.

Le Jean-Paul a dégerpi aussi sec.

VICTOIRE A NOUVEAU!

Voilà. Tout ça pour vous dire qu'autant pour certains c'est super simple d'être pas sympa, autant pour d'autres, comme moi, c'est toute une aventure, adrénaline à la clé.
Mais de temps en temps, ça soulage drôlement.

Poulette

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01 novembre 2007

LOCO-MOTIVATION

Bah alors!! Que se passe-t-il sur ce blog? RIEN!

Vous savez quoi? Je vous soupçonne d'avoir des vies tellement géniales que vous n'avez rien d'une noyaute!

Bon ben puisque c'est ça, j'écris un truc, en plus ça fait une semaine que je dis que je le fais. Mais j'ai aussi un peu oublié les détails du coup...

Donc, la semaine dernière, sur un coup de tête il faut bien le dire, j'ai accepté d'accompagner Poulet à une soirée étudiante.
Mais qu'est-ce donc qu'une soirée étudiante? Et oui, on a tous oublié! Dans le doute, et parce que c'était à 100m de chez moi, je me suis dit "Allez, hop, rafraichissons-nous la mémoire, soyons fous, allons à la Loco"

Grave erreur!! Je ne sais pas si c'était une soirée molle du noyau, mais c'était une bonne soirée loose, comme rarement j'en ai connu!

Toute belle comme tout (trop pathétique, déjà, la fille qui se fait belle pour sortir avec Poulet à la Loco...), me voilà partie au bras de Poulet pour aller dancer avec des moins de 25 ans. Je me disais, avec un peu de chance les étudiants kiné ne connaissent pas encore la tektonik et y'aura moyen de se fondre dans la masse sans trop passer pour une vieille mamie.

Je demande à Poulet: on a rendez-vous avec des amis à toi? Oui, enfin non, qu'il me répond. J'aurais du me douter que déjà ça sentait pas bon. Il était à peine 22h30 et je ne suis même pas sûre que la moindre boîte de la capitale soit ouverte à cette heure-là. Mais bon...

Nous continuons notre chemin et là, pof, par hasard, nous tombons sur les fameux amis de kiné, tous réunis dans un bar, histoire de commencer la soirée. Logique. Sauf que dans ma tête j'avais pas du tout prévu le coup! Je vous décris un peu le ridicule de ma situation: en bonne prévoyante, j'avais pensé à l'étape cruciale du vestiaire. Or il faisait frisquet ce soir là. Donc, j'avais un haut "tu te les gèles, mais une fois dans l'étuve, tu es sexy" et par dessus, pensant n'avoir que 100m à faire donc, une ENORME doudoune, pour être honnête, ma doudoune de ski. Comme ça hop, un seul objet au vestiaire.

Autant dire que dans le bar, y'avait pas moyen que j'enlève la doudoune, j'aurais eu l'air de rien en top sexy parmis les buveurs de bière (il faut s'adapter un minimum au milieu ambiant) et j'aurais eu quand même un peu froid.
Mais du coup, on se demandait vraiment ce que ce bibendum faisait là (car n'oubliez pas que mon visage était bien maquillé, j'étais bien coiffée également. Ah oui et aussi pour "refroidir" le sexy du top, j'avais un jean et des converse: bref un bon mélange bizarroïde qui de toute façon ne stressait que moi)

Bon. Je me dis, pas de panique, tu n'as rien à dire à tous ces gens, mais c'est pas grave, fais un effort, so-cia-bi-lise un peu!
Me voilà donc à boire une bière dégueu dans une pinte en plastique (je sais pas vous mais le verre en plastique, ça me rebute direct);
Comme on était à moitié dedans, à moitié dehors, j'avais super chaud et juste après super froid. Ce qui n'est bon ni pour les sobacs, ni pour le maquillage. Ma motivation commençait à dégringoler.
Je prends discrétement la température, et je m'aperçois que personne n'a l'intention d'aller danser avant, piou! au moins 3 heures! Bon bon bon... Et moi qui bosse le lendemain...l'angoisse me gagne.

Que faire? Sourire bêtement dans ma combi en faisant beurk intérieurement à chaque gorgée de bière?
Aller à la Loco toute seule? Non.
Avec Poulet? Bof. 
L'étau se reserrait. En gros dans ma tête un énorme "mais qu'est ce que je fais là??"

Il s'est en plus super vite avéré que l'humour des moins de 25 ans imbibés n'était pas du tout le mien. Manque de bol vraiment... Tout le monde délirait sur je ne sais pas quoi, ça n'avait pas du tout l'air drôle, de toute façon je n'entendais pas un mot pour couronner le tout (trop petite pour atteindre les conversations? Vive la taille de nain, une fois encore)

Et puis en plus, tout ces amis kinés ne m'avaient jamais vue pour la plupart, et je leur apparaissais vraiment sous mon plus beau jour dans cette doudoune (avec fourrure sur la capuche s'il vous plait!)
Je veux bien me foutre de leur avis, j'ai un minimum de fierté.

J'ai du tenir 1heure (pas mal).
Il faut aussi dire que comme les gens savaient pas mon prénom, on m'appelait "Mme Bouscasse" et pour ceux qui avaient eu droit à cette histoire, j'avais l'impression d'être en ligne avec le service assistance technique de chez Noos.
Et puis le bar s'appelait l'Arsenik, un pauvre nom de boîte de province (oui là c'est hyper snob ce que je dis).
Et puis il était déjà minuit et il ne s'était encore rien passé, forcément quand on ne connaît personne et que la bière c'est pas trop votre truc, il ne se passe pas grand chose.
Les gens finissaient par se détourner de moi (normal) mais du coup aussi de Poulet (que je collais comme un toutou)! On était comme 2 couillons sur le trottoir à 100m de notre lit (chaud, douillet, affecteux) à pas trop savoir quoi dire. En plus il fallait gueuler pour s'entendre et couvrir le son d'un groupe minable style "je fais du rock avec mes potes du lycée" qui "jouait" ce soir-là.

A un moment j'ai quand même tenté d'aller chercher un truc au bar, histoire de pas trop m'encroûter toujours au même endroit (typique en soirée loose, la station prolongée au même endroit) je me suis engueulée avec une pétasse blonde qui râlait parce qu'elle croyait que je lui étais passée devant (mmh...génial, l'ambiance queue de la cantine!!)

Et l'élément qui a fini de me convaincre que j'avais définitivement perdu 13 €, c'est le vigile (oui vous avez bien lui, le vigile du bar l'Arsenik, purée ce qu'il doit se sentir important lui...) m'a dit sans me regarder dans les yeux (pour être précise il a carrément regardé au dessus de ma tête, genre "casse-toi grosse doudoune" tu abaisses le niveau d'élégance du lieu):
"excusez-moi vous êtes dans le passage vous gênez l'entrée du bar"

C'était vraiment le bouquet! Je gênais l'entrée de l'Arsenik! C'en était trop, je suis rentrée.

Evidemment, impossible de dormir, à 6h Poulet est rentré j'avais du dormir 1/4 d'heure.
A 6h30 les éboueurs sont passés dans la rue. A 8h le réveil à sonné.

Quelles leçons tirer de cette mémorable aventure? DES TAS!!
-Ne pas croire que l'on peut sympathiser avec des inconnus en allant en boîte
-Ne pas croire que la barrière générationnelle, c'est du pipeau
-Ne pas croire que l'on peut être une star de la nuit une fois tous les 6 mois
-Ne pas se leurrer en pensant que boire des verres à minuit le jeudi à Paris c'est trop cool. Y'en a qu'aiment, moi il faut admettre que je préfère les boire à 19h.
-Et puis éviter la doudoune d'une manière générale lorsque l'on n'est pas sur une piste de ski.

Poulette

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