Mariage_au_XVeme___moyen

En ce moment, il y a quelque chose qui me turlupine et qui me fait me poser pas mal de questions. Des vraies.

Désolée pour les amateurs de situations cocasses, point de post drôle cette fois-ci, il faut réfléchir un peu parfois, et pas faire que rigoler pour des âneries.

Bon alors le thème de ce billet c’est : « C’est incroyable comme le poids de la tradition est fort » et plus précisément « Pourquoi pense-t-on que pour être heureux il faille faire tout comme on nous a dit de faire ? ». (Vachement original, hein ?) Ceci ne sera illustré que d’un exemple, pour faire court.

 (Ah ah, je vois que ça rigole moins dans les rangs !)

 Bon reprenons.

Tout a commencé il y a 6 mois quand j’ai appris qu’une de mes amies allait se marier. Et que j’allais être témoin.

Je suis vraiment très flattée de l’être, là n’est pas le problème, car c’est quelqu’un que j’apprécie énormément et je sais que ça lui fait plaisir et j’ai envie de lui faire plaisir.

Mais le hic, c’est que je me rends compte à mesure que le jour J approche, que je ne vais pas uniquement être le témoin de l’amour qu’elle porte à son copain, mais surtout être le témoin d’un mariage tout banal, d’un mariage qui ressemblera sûrement aux milliers d’autres qui auront lieu ce jour-là. Et comme mon amie est à mes yeux unique, ça me gêne un peu.

Plus les préparatifs avancent plus je suis effrayée par le conformisme qui entoure cet engagement quand même très important de la vie. Plus je m’entends dire « Mais c’est comme ça dans les mariages ! » ou bien « t’as rien compris, il faut que ce soit comme ça, d’où sors-tu ? », je reçois au visage des pelletées de « comme ci, comme ça » dès que j’ose exprimer un doute quand à l’originalité de telle ou telle chose. On me cloue le bec avec un, je résume, « le jour J faut pas chercher à être original, faut juste que ce soit un beau mariage ».  

Et j’en déduis, que pour que ce jour soit le « plus beau de toute sa vie », il faut absolument qu’il y ait une ribambelle de choses qui à mes yeux sont complètement inutiles et sans saveur (je ne vous mets que les croustillants, dans le désordre) :

- Des tables qui portent des noms jolis pour pas que les gens se trompent de siège et se rentrent dedans et fassent tout désordre dans la jolie salle.

- Un faire-part avec les adresses des parents dessus, voire des grands-parents

- De beaux habits (ça paraît idiot mais je n’exigerai jamais de mes amis qu’ils soient bien habillés pour mon mariage. Je ne pense pas qu’ils ‘saliraient’ l’ensemble s’ils étaient habillés normalement)

- Un souvenir qui se mange (ah par contre j’ai appris que les dragées sont has been, sachez-le)

- Une liste de mariage (je suis allergique à l’idée de demander aux gens de m’acheter un truc)

- Un DJ qui connaît personne et qui dira soit des trucs nuls dans son micro, soit rien (trop triste)

      - Une date en été. (Parce qu’il fait beau. Mais alors pourquoi on s’entasse tous dans une salle?)

Attention ! Ce qui me choque ce n’est pas que toutes ces choses y soient. Chacun fait bien ce qu’il veut. Point de jugement ! C’est surtout que les gens soient convaincus que c’est nécessaire pour que la fête soit réussie. 

Et là où cela devient terrible, c’est que je pense que tous ces gens sont sincèrement heureux que tout soit une copie rigoureusement conforme du mariage idéal, celui qui a traversé les siècles, le même que celui de nos arrières grands-parents à quelques détails technologiques près, le même que celui de ses amis, ou de tonnes d’autres inconnus de France et de Navarre.

Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait froid dans le dos. Cela correspondrait-il à un rêve d’enfant ? Ça se peut, notez. On aurait (tous) une (même) image idyllique qui nous viendrait de loin, et ce jour-là on veut être la princesse ou le prince…

Mouais… Personnellement je ne pense pas avoir jamais rêvé de robe blanche, d’homme à genoux et de riz sur la tête. On rêve d’amour mais pas de tradition. Ce genre d’absurdités vient bien plus tard en grandissant.

Ainsi donc il semblerait que faire comme tout le monde nous rassure et conditionne notre idée bonheur. On ne serait heureux que s’il l’on fait comme on nous a montré...?

Bon, j’ai pris l’exemple du mariage mais ça marche complètement avec la vie professionnelle ou la vie de couple ou l’éducation de ses enfants.

J’ai l’impression que l’on fonctionne à coups de schémas tout proprets. Et que l’on pousse des cris au moindre écart, criant au ratage complet (de sa vie, de son mariage etc.)

Ne vous méprenez pas, j’ai moi aussi hâte de me marier, mais quand j’expose mon idée du mariage à Poulet il me tapote sur la tête gentiment en disant « mais oui, mais oui c’est ça… ». Encore un qui se raccroche au moule.

Vous savez quoi ? Sur ce coup-là, je traite sans regret tous ces gens de gros noyaux.

(Et j’espère n’avoir choqué/blessé personne. D’ailleurs je sais qu’en juillet prochain, je verserai ma petite larme au moment de la reprise de Joe Dassin)

(Spéciale dédicace à mon « Voisin du dessus » : ton mariage ressemblait beaucoup à l’idée que je me fais d’un mariage réussi ;-) 

(Bon et puis lecteur, donne ton avis un peu sur ce sujet crucial, met un commentaire)

Poulette