Les amis, 

Vous avez remarqué que l’une des tendances de la noyaute c’est sa moyennitude. Si vous suivez un peu, le concept de « moyen-dégueulasse » est revenu souvent par ici, sous une forme ou une autre. 

Personnellement, je n’avais jamais encore abordé le sujet mais ces derniers jours, l’évidence s’est faite à moi et je me suis dit : « je suis complètement dans le moyen-pas-fraîchou pour un sou » et « c’est pas de ma faute si je me sens noyaute, comment faire autrement quand on est ultra normale ?? » 

Plus j’y réfléchis, plus c’est complètement évident : je suis trop moyenne en tout. (Sauf là où il faudrait l’être, du style faire 1m65 et gagner 1500 €). 

Suite à un récent voyage à Madrid avec deux autres amies noyautes, Poucette et Chatounette (grand moment de glandouille, mémorable, mais là n’est pas le sujet) je me suis rendue compte de cette moyennitude fatale. 

Et bizarrement, j’ai érigé mes cheveux en symbole INSUPPORTABLE de cette fadasserie. 

Comment faire pire qu’eux ? Laissez-moi vous les décrire. Ah non, avant, petit test à ceux qui les ont déjà vus : ils sont comment ??? Ahah, vous ne pouvez répondre ! Ils ne sont pas, voilà, c’est très simple. Tellement sans saveur qu’il ne vous en reste rien. 

Bon donc je suis dotée par Dame Nature de quelques mèches châtain et encore c’est pas sûr sûr, c’est limite beige foncé (donc moche), tout plats même par vent violent, la bonne raie au milieu qui implique un attachement indispensable pour éviter l’immanquable « effet rideau » (copyright Fadette) ou « effet cocker ». Longueur moyenne (sans blague), fins, ternes, pointes fourchues, ne poussant que très lentement et n’ondulant qu’à peine. 

Bref, sans être laids, ils sont insignifiants. 

Du coup, avec un truc pareil sur la tête, comment ne pas en faire l’emblème de ce sentiment d’invisibilité ?? Hein ? Je vous le demande. C’est comme si vous portiez un écriteau sur le front. J’aurais eu des pieds pas top top, je n’en aurais sans doute pas fait toute une comédie.

Non mais là, impossible de faire de l’effet, de marquer les esprits. 

Notez que ce n’est pas ce que je recherche non plus, mais l’impression que Poulette ENTIERE était ainsi me gagna alors.

Ces queues de rat étaient les ambassadeurs de mon noyau. (méga concept quand même)

L’angoisse me submergea et s’empilèrent dans ma tête toutes les preuves que dans ma vie rien ne dépassait. Vous voyez un peu l’image ? Rien ne ressortait de spécial. 

Les bras au ciel je clamai « mais qui suis-je donc ? », « qu’est ce que me rend unique ? » « ne serais-je donc bonne en rien (et moyenne en tout) ? ». 

Je me sentais condamnée à jamais à être sympa sans être indispensable, sympa sans être belle, sympa sans être exceptionnelle, bref, la bonne moyenne.
 

Je parle au passé… les petits malins croient déjà deviner que tout ceci fut contredit par un événement particulier… Que nenni ! Voyez plutôt : 

Afin de mettre un terme à une soirée récente particulièrement riche en interrogations de ce type, j’appelle Poulet, persuadée que lui au moins, saura être plus objectif. Car après tout, si ça se trouve, je me goure complètement, je suis géniale, des tas de gens me matent sur Facebook et j’ai des fans dans le monde entier. Hein, si ça se trouve. (et si ça se trouve je vais gagner à EuroMillions vendredi). 

Me voilà pleine d’espoir pendue au téléphone à demander à Poulet « Pourquoi suis-je unique à te yeux ? Par quoi as-tu été séduit chez moi au premier coup d’œil et par la suite? »

Comme je connais Poulet, et qu’il me faut une réponse, je ne le formule pas comme ça bien sûr, ça donne plutôt un simplifié « c’est quoi mes qualités ? » 

Tendue comme tout, je retiens ma respiration en attendant fébrilement la réponse qui mettra un terme à toutes ces angoisses…

Et là, la réponse tombe, sans appel : « et bien, tu es super organisée par exemple…euh…quoi d’autre… »

 Alors là franchement, c’est à sauter par la fenêtre. (Entre parenthèses, moi qui rêvais jadis d’un amour fou et de folles déclarations, je l’affirme aujourd’hui « j’ai 26 ans et mes illusions sont mortes »).

Tout ça me fait penser à Poucette, je vous le raconte moi sinon vous ne le saurez jamais. Lors de ce weekend madrilène, on demande à Poucette pourquoi elle a choisi son Poucet, et pourquoi c’est l’homme de sa vie et pourquoi putain il lui faut cette bagouze. Réponse texto « bah il fait le ménage…et puis il baise bien ».

On était pliées. 

Sauf que là moi ça me fait plus rire du tout. Parce qu’on n’est peut-être pas extraordinaire pour de vrai, mais au moins on l’est au yeux de Poulet ?!! Même pas. J’aurais mieux fait de demander à ma maman, j’aurais eu un désespérant mais gentil « parce que tu es ma poupée voyons ». 

Poulette

http://fr.youtube.com/watch?v=aS2Fve72AZg