16 avril 2008
A l'ombre des noyaux en fleurs
Les Amis,
En ce moment, ça arrive souvent quand j’entends et vois autours de moi les gens qui se marient, procréent, achètent, voire les trois ensemble dans un laps de temps tellement rapproché que j’en ai la tête qui tourne.
Et bien je pense que c’est à cause du fameux noyau mou, encore et toujours lui ! Comme le propre du noyau (enfin du mien) est de ne pas trop trop vraiment maîtriser la direction de son navire, la confrontation avec des gens qui « avancent dans une vraie direction » peut faire envie.
Non pas que je souhaite me marier, procréer, acheter (ouais bon acheter si, ok) tout de suite… non, non…là n’est pas la question. C’est surtout cette sensation, qu’autours de moi les gens « progressent » dans la mesure où, jour après jour, ils mettent en œuvre leur projet de vie. (Quel concept, je suis super fière de moi à la relecture).
Vous voyez ? Pour eux, la vie c’est telle ou telle chose, et ben pof, ils le font ! Bref, ils n’ont pas les deux pieds dans le même sabot quand il s’agit d’être heureux. Ils agissent.
En réfléchissant à la manière de l’expliquer, je nous ai tous vus comme un champ de fleurs (de jonquilles même, allez savoir pourquoi). Grosso modo, on sait tous qu’on va fleurir au printemps. Mais pour certains, le printemps c’est début mars, pour d’autres on frise la fin juin.
Je vois toutes les jonquilles grandir, pousser, avoir de beaux pétales, et moi je suis encore un gros oignon. (Je ne suis plus si sûre que les jonquilles marchent avec des oignons, quelle nullasse de la nature, c’est dingue).
Parce que j’ai lu dans Proust ce mois-ci un truc qui m’a littéralement scotchée tellement Proust avait tout compris. Bon, alors oui, je lis Proust, doucement, mais sûrement, depuis quelques années (en discontinu, je précise, il faut un peu mûrir tout ça, en tout cas je ne saurai que trop vous le recommander, c’est une mine d’or).
Et donc, il y a quelques jours, je tombe PILE sur le passage qui fait écho en moi, PILE le passage « Marcel a bien failli finir mou du noyau ».
Jusque là, il pense que : « …chaque jour je me considérais comme sur le seuil de ma vie encore intacte et qui ne débuterait que le lendemain matin »
Mais ce jour-là il découvre avec effroi que : «… mon existence était déjà commencée et ce qui en allait suivre ne serait pas très différent de ce qui avait précédé. »
Et que clairement ce quelque chose, c’est à moi de me l’offrir.
Poulette
Commentaires
il m'a déprimée, ton article...
Pour continuer dans la métaphore naturelle, c'est un peu comme si on était des chenilles qui attendent leur métamorphose en papillon gracieux et chatoyant et qui se rendent compte un jour qu'elles sont déjà sorties de leur chrysalide, mais avec deux pauvres ailes grisâtres et si inefficaces qu'elles continuent à ramper plutôt qu'elles ne volent.
Et plus pragmatique : il y a quelques temps, j'ai vu un médecin et je lui ai demandé quand allait enfin s'achever mon bourgeonnement juvénile communément appelé acné qui s'éternise quelque peu chez moi. Quelle ne fut ma surprise (et mon amer désespoir) quand ce médecin m'annonça que mon acné était déjà finie et que ce que je prenais pour une fin de bourgeons printaniers annonçant une peau de pêche estivale était en réalité le début d'une nouvelle et looongue saison qui ne s'achèverait qu'avec la venue des rides automnales.
Comment ça, c'est pas proustien le comédon ?
Ombre sans éclosion
Oui, je comprends très bien ce que tu veux dire. ça me rappelle une sensation. A un moment tu te dis: oui je sens que vais réussir à être heureuse là. Et en fait non, ce que tu avais pris pour les prémisses d'un bonheur à venir était le bonheur lui-même, qui est passé sans que tu t'en apreçoives, trop occupée à attendre sa venue (bon je suis pas sûre d'être très claire là, je vais me coucher)
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