Ce matin, j’ai décidé de me rendre à un cours de méthodologie sur la dissertation : plus de 6 années que je disserte, et toujours, peut-être (oui, l’optimisme fait vivre et c’est une chance), des problèmes de méthode.

Pour être honnête, si j’avais décidé au départ de suivre des études scientifiques, c’était, entre autres, parce que je me sentais bien incapable de rédiger des dissertations. Quand on connaît la suite de mes études, on peut franchement en rire mais que voulez-vous, la noyaute molle n’est pas à un paradoxe près.

Bref, je me rends en cours puisque ça ne pouvait que m’être bénéfique. Que nenni!.

Certains risquent de ne pas comprendre ma réaction. N’est pas noyaute molle qui veut et croyez-moi c’est bien plus simple.

J’ai réussi à ruiner une journée ensoleillée alors que la soirée de la veille fut très bonne et la suite de la semaine s’annonçait très bien.

Au début du cours, petit avertissement – qui devait, je suppose, nous booster – pas très sympathique mais recelant une part de vrai : « si ne vous sentez pas capable de réussir, ne passer même pas le concours. » Glupssss

Certes, certes, il faut y croire un minimum mais c’est quand même dur surtout quand on a déjà planté au moins une fois ces concours. L’aléa est bien grand et enfin – allo Sigmund  - je dois avoir un problème avec l’ambition.

N’oublions pas non plus certaines caractéristiques de la noyaute molle qui ne facilitent pas la tâche :

   - son leitmotiv « Sur un malentendu ça peut toujours marcher »

   - le sentiment inscrit au plus profondément de ses gènes : le doute

Vient ensuite la 2ème phase du cours : nous avons à plancher, seul, sur un sujet qui a fait transpirer à grosses gouttes des centaines de personnes au début du mois de septembre. Les mauvais souvenirs sont de retour.

En fin de cours, le vent tourne : désignation de 2 personnes pour passer au tableau.

Un jeune homme (taxé de surdoué par certains) se porte volontaire avec un beau plan, bien préparé..

Une autre personne doit se porter volontaire. Personne ne le fait.

BINGO, je suis désignée parce que j’ai soigneusement « évité le regard du prof » (ben tiens! En même temps, si je l’avais fixé, il m’aurait fait le même coup, j’en suis sûre et n’allez pas en déduire que je me sens persécutée, non mais !!).

Sauf que je n’avais pas le moindre plan, de façon générale je meurs de trouille à l’oral (ça se voit et s’entend) et pompon du pompon, j’avais mis un T-shirt qui me boudinait (non je cherche pas de fausses excuses).

J’ai donc dit " NO, NO, NO " en d’autres termes évidemment bien moins incisifs et assurés et je suis restée les fesses vissées sur ma chaise.

Et c’est là qu’a germé dans mon petit cerveau, un raisonnement en deux temps (tiens, c’est étrange !!) :

- J’ai ENFIN réussi à dire NON et à 2 profs (autorité autorité) très intelligents et devant témoins. Le noyau se durcit, je ne me suis pas laissé dicter ma conduite.

- Boudiou Boudiou Boudiou (traduction = Oh p***** ) , je suis passée pour une cloche d’une immaturité flagrante, mal élevée et qui ne comprend même pas que cet exercice est fait pour l’aider à réussir le concours qu’elle prépare. De très mauvais augure pour les concours donc.

Il est vrai que le fait de refuser de surmonter ses angoisses, c’est faire preuve d’une bien grande mollesse.

Je ne vous apprendrais rien en vous écrivant que le wahou que j'aurais pu prononcer a vite cédé la place aux 3 boudiou et à une certaine angoisse. Pathétique. je suis pathétique. Il va falloir soit s'y faire soit se coller un bon coup de pied aux fesses. A vivre.

Mimolette