30 mars 2008
Ni fait ni à faire
Encore une bonne expression un brin désuète, mais qui colle tellement à la vie d'une noyaute molle, qu'il fallait la sortir de derrière ses fagots.
Je pourrais vous la définir, mais trop la flemme donc je vous copie-colle la définition trouvée sur le premier lien donné par Google :
« Ni fait, ni à faire » :
![[ SIGNIFICATION ]](http://www.expressio.fr/bleu/titre_signification.gif)
Mal fait, bâclé.![[ ORIGINE ]](http://www.expressio.fr/bleu/titre_origine.gif)
Un proverbe bien connu dit "ce qui est fait n'est plus à faire", mais cette expression est là pour le contredire.
À
l'origine, cette locution désignait quelque chose qui n'est pas
terminé, en cours de réalisation, situé entre le "à faire", donc pas
encore commencé, et le "fait", donc terminé.
Mais elle a pris depuis
un sens péjoratif où le "ni fait" se rapporte à quelque chose de fait,
mais de manière tellement peu satisfaisante qu'on peut considérer que
c'est à refaire, donc quelque chose qui n'est finalement pas vraiment
fait.
Penchons-nous plus précisément sur l'évolution sémantique (et hop, un ptit mot savant pour conforter ma devanture d'intello) de cette expression : on remarque qu'il y a eu glissement de sens de "chose à moitié faite" à "chose mal faite". Bizarre qu'une chose en cours de réalisation soit considérée comme mal faite, puisque par définition, elle n'est pas finie. A moins que... et c'est là que la noyaute molle entre en jeu. En effet, il est avéré que la noyaute a une nette tendance à suspendre la réalisation d'une action à un stade intermédiaire pendant un temps indéterminé.
Ou comment la noyaute fait passer une situation provisoire bancale et inachevée en situation pourrie installée, définitive et pérenne...du bon vieux moyen dégueulasse en somme.
En vrac, quelques exemples de mes situations ni fait ni à faire :
-ça fait un an et demi que je ne suis pas allée chez le coiffeur, parce que j'ai la flemme de prendre RV (et aussi un peu marre de m'entendre dire que j'ai des queues de rat sur le crâne) donc je me coupe les cheveux moi-même avec une méthode dénichée sur google, en me disant intérieurement que "promis, samedi prochain, j'appelle Camille Albane". Résultat : mes cheveux en passe imminente d'être coiffés deviennent, les mois s'écoulant, une coupe de cousin Machin ni fait ni à faire.
-l'été dernier, mon canapé s'est cassé et je l'ai colmaté avec des vis apparentes du plus bel effet, en attendant de faire mieux ou d'en racheter un autre. Au bout de dix mois de statu quo, je pense qu'on peut désormais dire que j'ai un canapé ni fait ni à faire.
Bon, vous me direz, c'est pas bien méchant, tout le monde fait ça. Ok, je sors l'artillerie lourde :
ça fait cinq ans que je me dis qu'il faudrait que je fasse un break avec mon copain pour voir d'autres horizons (traduisez : d'autres mecs) ; bilan : je suis pacsée et je me dis sans cesse "non mais le mois prochain, c'est sûr, je fais un break". Ouais, ben, en terme de break, c'est plutôt la Mondéo Break avec direction assistée et marmots sonorisés qui m'attend!*
Fadette
* ce passage est désautocensuré suite à la grogne de Chatounette. Ben oui, noyaute dans la censure, noyaute dans la décensure.
14 mars 2008
Mariage Mou
En ce moment, il y a quelque chose qui me turlupine et qui me fait me poser pas mal de questions. Des vraies.
Désolée pour les amateurs de situations cocasses, point de post drôle cette fois-ci, il faut réfléchir un peu parfois, et pas faire que rigoler pour des âneries.
Je suis vraiment très flattée de l’être, là n’est pas le problème, car c’est quelqu’un que j’apprécie énormément et je sais que ça lui fait plaisir et j’ai envie de lui faire plaisir.
Mais le hic, c’est que je me rends compte à mesure que le
jour J approche, que je ne vais pas uniquement être le témoin de l’amour qu’elle
porte à son copain, mais surtout être le témoin d’un mariage tout banal,
d’un mariage qui ressemblera sûrement aux milliers d’autres qui auront lieu ce
jour-là. Et comme mon amie est à mes yeux unique, ça me gêne un peu.
Plus les préparatifs avancent plus je suis effrayée par le
conformisme qui entoure cet engagement quand même très important de la vie.
Plus je m’entends dire « Mais c’est comme ça dans les mariages ! »
ou bien « t’as rien compris, il faut que ce soit comme ça, d’où
sors-tu ? », je reçois au visage des pelletées de « comme ci,
comme ça » dès que j’ose exprimer un doute quand à l’originalité de telle
ou telle chose. On me cloue le bec avec un, je résume, « le jour J faut
pas chercher à être original, faut juste que ce soit un beau mariage ».
- Des tables qui portent des noms jolis pour pas que les gens se trompent de siège et se rentrent dedans et fassent tout désordre dans la jolie salle.
- Un faire-part avec les adresses des parents dessus, voire des grands-parents
- De beaux habits (ça paraît idiot mais je n’exigerai jamais de mes amis qu’ils soient bien habillés pour mon mariage. Je ne pense pas qu’ils ‘saliraient’ l’ensemble s’ils étaient habillés normalement)
- Un souvenir qui se mange (ah par contre j’ai appris que les dragées sont has been, sachez-le)
- Une liste de mariage (je suis allergique à l’idée de demander aux gens de m’acheter un truc)
- Un DJ qui connaît personne et qui dira soit des trucs nuls dans son micro, soit rien (trop triste)
- Une date en été. (Parce qu’il fait beau.
Mais alors pourquoi on s’entasse tous dans une salle?)
Et là où cela devient terrible, c’est que je pense que tous ces gens sont sincèrement heureux que tout soit une copie rigoureusement conforme du mariage idéal, celui qui a traversé les siècles, le même que celui de nos arrières grands-parents à quelques détails technologiques près, le même que celui de ses amis, ou de tonnes d’autres inconnus de France et de Navarre.
Mouais… Personnellement je ne pense pas avoir jamais rêvé de robe blanche, d’homme à genoux et de riz sur la tête. On rêve d’amour mais pas de tradition. Ce genre d’absurdités vient bien plus tard en grandissant.
J’ai l’impression que l’on fonctionne à coups de schémas tout proprets. Et que l’on pousse des cris au moindre écart, criant au ratage complet (de sa vie, de son mariage etc.)
(Spéciale dédicace à mon « Voisin du
dessus » : ton mariage ressemblait beaucoup à l’idée que je me fais
d’un mariage réussi ;-)
(Bon et puis lecteur, donne ton avis un peu sur ce sujet crucial, met un commentaire)
Poulette
10 mars 2008
Le célibat, c'est la diète
Les amis, en ce moment, pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis célibataire.
Oh, rien de grave, un petit célibat gentil (personne n'a pleuré) car il ne s'agit pas d'un célibat sentimental, mais d'un célibat géographique.
Plus concrètement, Poulet et moi ne vivons actuellement pas sous le même toit. Ses obligations estudiantines l'ont conduit à aller vivre ailleurs pour 7 semaines, ce qui implique que je suis seule à la maison en ce moment.
Comme on se voit tous les weekend, qu'on s'appelle tous les soirs, et que j'ai plein de choses de prévu quasiment 2 soirs sur 3, les mauvaises langues diront que j'ai le beurre, le cul du crémier (le weekend) et l'agent du beurre (et oui, il paie sa part de loyer!).
Bon mais en fait, tout n'est pas si rose. Derrière ce tableau alléchant se cache un réel drame dont j'ai pleinement pris conscience aujourd'hui lors d'un déjeuner avec mon amie Popinquette:
Je pense qu'une des facettes de ma noyauterie est clairement due à mon incapacité totale à manier les objets situés dans ma cuisine. Alors c'est sûr qu'en société, c'est toujours rigolo de dire "oh moi, je ne sais pas cuisiner!" ou bien "de toute façon, Poulet est le roi dans la cuisine, moi je ne fais rien" ou pire: "venez dîner à la maison, Poulet est là" etc.
Je pense que je recherche secrètement l'effet "femme-moderne" que provoque cet inversement des "rôles".
Sauf qu'en fait, l'envers du décors c'est TOUT sauf la working-girl indépendante:
C'est la pauvre épave qui erre dans la cuisine sans rien à manger, mesurant à quel point elle est dépendante.
Ma noyauterie serait capable de me faire mourir de faim.
Pour vous montrer de quoi je parle, je vous indique quels ont été mes derniers menus de célibataire:
-Haricots en boîte (froids bien entendu, d'ailleurs finalement ça a quasiment le même goût que chauds) + céréales au chocolat
-Super salade boîte de petit pois + boîte de maïs
-Brunch du soir à base de yaourt nature + jus aux 5 légumes + pomme
etc.
Il s'est donc avéré qu'il fallait à tout prix aller faire un tour à Champion, car le scorbut me guettait. Chose dite, chose faite, hop hop hop, voilà mon caddie plein de fruits et légumes (si possible faciles à cuire), de pain et de fromages (valeurs sûres en cas de flemme avancée vers 23h)
(D'ailleurs je fais un aparté pour préciser que ces festins de reine s'accompagnent bien entendu d'un faste digne des plus grandes cérémonies: heure tardive où la moindre action est pénible, donc bâclée, absence d'assiette (à quoi bon salir deux récipients?), soif étanchée à même le robinet, éponge passée à la main etc.)
Bon je reviens à ma virée Champiesque: pleine de bonnes résolutions je rentre chez moi avec dans l'idée d'éviter désormais de me coucher avec une faim tenace. Erreur!! Il était bien entendu illusoire de croire que l'achat entraînerait don et motivation.
Voici le clou de la semaine dernière:
En bonne petite copine de Poulette, je me dis "essayons de se souvenir d'une recette simple de Poulet".
Et me voilà partie pour confectionner un délicieux "pamplemousse-miettes de crabes". Equilibré, sans cuisson, léger, bon (dans la version Poulet).
La version Poulette était tout simplement dég...asse. D'abord, j'aurais du me méfier, le crabe sentait bizarre à l'ouverture de la boîte (ah oui, pensez pas que j'allais acheter du crabe frais non plus). Ensuite, tout l'art de cette recette, c'est la sauce. Sauf que je ne sais pas trop pourquoi, mais alors que Poulet me prépare une petite mayonnaise-moutardaise qui va parfaitement, je suis allée inventer un mélange crème fraîche-ketchup. C'était tout bonnement infâme.
Poulet, lui, présente le tout DANS le pamplemousse, servant pour l'occasion de petit bol. Moi j'avais tout mélangé dans un saladier et le tout ressemblait à une pâte visqueuse et pleine d'eau qui sentait la mauvaise poissonnerie.
Comme je n'avais que ça à manger, j'ai sagement avalé le tout. En ne respirant pas trop. Comme à la cantine quand on est petit et qu'il y a des choux de Bruxelles au menu.
Sauf que j'ai 26 ans, que je suis chez moi et que je me suis vraiment auto-humiliée.
La cerise sur le gâteau c'est aussi que lorsque l'on est deux, on a de la vaisselle pour deux et que le lave vaisselle se remplit 2 fois plus. Aujourd'hui en ouvrant mon lave-vaisselle après un long weekend, l'odeur du crabe macéré depuis 5 jours m'a assommée sur place.
Ce midi lorsque Popinquette m'a demandé ce que j'allais manger ce soir, j'ai dit "des topinambours" (véridique) puisque c'était la seule chose qu'il me restait dans mon frigo. J'ai réalisé alors que j'étais perdue...
A l'heure où je vous parle, j'ai dégusté un poireau-vinaigre (et non pas vinaigrette) et jeté les topinambours (c'est vraiment pas terrible).
Quant à ma balance, elle affiche fièrement un joli kilo en plus.
Poulette



